C’est le pétrole du 21ème siècle. Alimenté par l’utilisation massive des réseaux sociaux, le boom des objets connectés, l’adoption du quantified self et la transformation digitale des entreprises, le marché du big data ne cesse de croître.

A l’horizon 2020, la valeur des données personnelles des consommateurs européens pourrait frôler les 1 000 milliards d’euros selon le Boston Consulting Group. Le gouvernement évalue pour sa part le marché à 9 milliards d’euros rien que dans l’Hexagone d’ici cinq ans, avec à la clé, la création de 137 000 emplois.

Si cette explosion des données peut constituer une véritable valeur ajoutée pour l’activité des entreprises, celles-ci doivent être habilement exploitées.

Bonne définition du Big Data :

Jean-Charles et  Yves Eychenne, rappellent ainsi dans leur ouvrage La Revolution Big Data que le big data « c’est avant tout la capacité à extraire de l’information à partir de données non structurées« . L’enjeu consiste ensuite à transformer ces informations en actions, comme le lancement d’un nouveau produit ou le développement de nouveaux services.

Aux Etats-Unis, une pénurie de 190 000 professionnels

Outre ces enjeux business, la prolifération des données soulève des questions liées :

  • à la sécurité des entreprises
  • à la protection de la vie privée des utilisateurs.

Inutile de préciser que l’exercice est périlleux. Pour faire face à ces nouveaux défis, les entreprises doivent donc recruter de nouveaux talents.

Des talents très convoités car encore très rares sur le marché.

En France les besoins annuels en data scientists oscillent entre 2000 et 3000 personnes alors que les écoles n’en forment que 200 à 300 sur la même période.

D’après Judith Tripard, chasseuse de têtes pour le cabinet spécialisé Clémentine, et Reda Gomery, associé responsable data et analytics chez Deloitte, il n’existe pas aujourd’hui d’études fiables en France pour quantifier l’ensemble des besoins RH en matière de data.

« Les estimations fluctuent énormément car tout dépend de la vitesse d’adoption du big data et de l’entrée en vigueur des différentes réglementations » explique Reda Gomery.

« On sait, en revanche, qu’à l’horizon 2018, les Etats-Unis devraient connaître une pénurie de 190 000 professionnels combinant compétences analytiques et informatiques », ajoute Judith Tripard.

Plus globalement, les secteurs les plus demandeurs du moment seraient les banques, les télécoms, le web et les sociétés de conseil.

L’univers de la santé n’est pas en reste, « particulièrement dans le domaine de la recherche, car les profils data vont être à même de construire des systèmes permettant d’exploiter de larges volumes de données variées et de les analyser », précise la chasseuse de têtes.

Dernier exemple en date : le partenariat qu’a noué l’école Polytechnique avec la Caisse nationale d’assurance maladie pour exploiter la gigantesque base de données du Sniiram, le système national inter-régimes de l’assurance maladie, et évaluer, entre autres, la dangerosité de certains médicaments.

Quatre profils particulièrement recherchés

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le data scientist n’est pas la seule star des nouveaux métiers nés de la data.

Selon Reda Gomery, les entreprises devront recruter quatre profils bien distincts :

  • le fameux data scientist,
  • le chief data officer (selon Gartner, 27% des organisations auront un chief data officer en 2017),
  • le futur data protection officer (évolution du correspondant informatique et libertés)
  • le master data manager, en charge des données référentielles.

« Ces quatre nouvelles fonctions ont plusieurs points communs : elles ne sont pas normées au niveau international, il n’existe pas encore de formations structurées et les entreprises ne savent pas encore correctement les placer au sein de leur organisation », précise-t-il.